Woolgathering

Quatorzième Vérité

Vérités — Par eriam59 @ 17:24

Connaissez-vous les maux qu'apporte la cruauté ?

Il vous prend dans ses bras, vous serre de plus en plus fort pour rapprocher son visage du vôtre, au fil d'une musique que tant de fois auparavant vous avez écoutée. Vous finissez par n'avoir plus dans votre champ de vision que le vert de ses yeux. Vous sentez vos nez se frôler. Ses lèvres s'entrouvrent... Une parole. Et le charme est rompu.

"Je n'irai pas plus loin que ça. Je respecte ton frère, je ne veux pas perdre un ami."

Quelle souffrance. En vous débute un duel acharné entre deux sentiments si contradictoires. Mais leurs coups d'épée fondent sur votre cœur. Vous êtes si fière que votre frère soit à ce point aimé et respecté, mais c'est si dur d'entendre que vous ne serez jamais plus que la petite sœur aux yeux de celui qui vous a séduite, jamais vous-même, toujours sous son existence. La partager est une joie, en dépendre devient une peine.

Et le vert du fond des yeux renvoie votre triste reflet.

Vous savez tellement que c'est mieux. Vous savez tellement que vous avez encore le temps. Vous ne voulez tellement pas le penser…

Et tout s'éteint, mais rayonne encore l'émeraude profonde qui vous a aveuglée. Vous ne pouvez plus rien dire. D'ailleurs, vous n'avez jamais vraiment pu. Mais d'autres, bien avant, se sont chargé de livrer vos pensées.

"Les hommes sont faux, ambitieux, vaniteux, égoïstes, et le meilleur ne vaut pas le diable, c'est bien triste."

Oui, Mme George Sand, c'est bien triste…


Treizième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 17:27

 Une musique, douce, tendre. L'obscurité. Seuls, au milieu des regards, des lumières. Moi, dans tes bras. Ta joue, la mienne. Nos mains... Etreinte...

Des mots, tout bas. L'image est de joie. Heureux, amoureux? Ce qu'ils pensent, ils ne t'entendent pas.

Tu le respectes, tu ne veux perdre son amitié. Tu connais la rage et la douleur qu'il ressentirait. Tes pensées sont si honorables... Mais elles me font si mal... Tu m'aimes beaucoup, mais... Lui...

Aimer beaucoup, c'est aimer, vraiment?

Tu chuchotes des mots tendres, des mots roses, peut-être même, parfois, rien qu'un peu, obscènes. C'est ce qu'ils pensent... Oui mais voilà, ils ne t'entendent pas.

 Tu me fais boire tes paroles, ce poison qui atteint mon coeur, mais rien ne le montre. Les larmes, les blessures, les plaies, sont en moi.

Déchirure. Coincée entre amour et fierté fraternels et sentiments égoïstes, envies de bonheur. Quel plaisir dois-je faire passer en premier? Tu ne me laisses pas le choix, tu le fais pour moi...

Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi n'ai-je pas le droit de choisir moi-même? Pourquoi n'ai-je pas le droit de profiter de ces instants de bonheur que tu semblais vouloir m'offrir? Pourquoi me les reprend-on inachevés chaques fois? Et tout s'arrête...

 Enfin, ce baiser, pour ma première fois, pour notre dernière fois. Tes lèvres sur les miennes. En guise d'adieu. Ce que tu ne m'as pas donné, et qui m'aurait rendu heureuse.


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