Woolgathering

Seizième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 17:52

Qu'ai-je de moins que les autres ? Suis-je à ce point repoussante pour que les hommes me fuient tous ainsi ? Par quoi sont-ils tous effrayés ? Je ne suis pourtant pas un démon qui les viderait de leur sang, de leur sperme ou de leur virilité…

Ne suis-je aussi qu'un objet, qu'une pièce à conviction, preuve de leur charme ? Pourquoi croient-ils tous que je n'ai aucune autre utilité que celle de montrer qu'ils peuvent séduire n'importe quelle fille passant par là ? Ne suis-je rien de plus que n'importe quelle fille ?

Je voudrais vivre quelque chose de nouveau. Vivre quelque chose, déjà, en premier lieu… Je veux connaître ces sensations, ces sentiments, ces plaisirs, tant amoureux qu'égoïstes. Je veux les partager. Je ne supporte plus de ne les vivre que pour moi, par moi et avec moi. Ni mes mains, ni mes seins ne sont usés de caresses, mais oreillers et pages de journal semblent flétris par les corps à corps que nous menons.  Mon cœur ne veut plus monologuer vainement sur des pensées pathétiques et sans avenir. Mon corps ne veut plus être la source de ses propres plaisirs. Chacun veut recevoir ce qu'il a donné. Est-ce ma faute s'ils se sont livrés pendant des années sans qu'il n'y ait personne pour recevoir leurs dons ?

Tant de gens partagent ces pensées, ces désirs. Les miens ont longtemps été cachés au plus profond de mes actes. Pourquoi effraient-ils maintenant, alors que leur manque fut source de désintérêt ? Est-ce une erreur de vouloir être soi, de vouloir être aimée ?


Quinzième vérité - Tenth lie

Vérités, Lies — Par eriam59 @ 16:43

La Vérité – Mes pensées. 

S'il me posait la question, je lui répondrait : Oui, je suis à tes pieds. Comment cela aurait-il pu en être autrement ? Tu as l'intelligence, la beauté, la douceur, la gentillesse, et ton regard n'est pas passé au travers de moi comme au travers de la brume. Tu m'as vue, m'as prêté attention. Je n'ai personne d'autre à aimer, et l'amour que j'ai en moi, autant qu'il serve à quelque chose… Je sais que de ton côté, tu ne peux rien pour moi. Il y a une différence entre aimer bien et aimer tout court. Si je ne savais pas cela, j'aurais déjà tout fait pour t'appartenir. Mais qu'importe. Ne pas vivre d'un amour n'empêche pas de vivre…


The Lie – His reaction.  

It's not you Mary. Don't doubt that. I'm touched by your thoughts, but I'm honest and I don't want to take what I can't give. I can't give you so much love as you give me. However, it doesn't change anything. I'll still be glad to chat with you and I'll do it in the same way that I have always done.


APARTÉ

Apartés — Par eriam59 @ 16:19

Être deux en soi. 

Dans le ventre, une agitation, une palpitation, presque un souffle. Il y a comme une fusion, mes pensées sont tiennes. Derrière une peau tendue, ronde comme un ballon, de jour en jour, l'infiniment petit devient un avenir. Le contact de ma main sur la rondeur de mon ventre, encore invisible aux regards sévères des aveugles, me donne ce petit frisson du se-sentir-aimée.

La rondeur de mon ventre… Plaisir du petit secret. Je te vois, moi, tu es là, je suis la seule à savoir. Même la moitié de toi est encore aveugle à la forme que tu me donnes. Il y a une harmonie en moi. Il y a cet être qui connaît mes pensées, et je peux lui raconter ma vie. Personne ne peut intercepter les mots qui cheminent sur cette voie. C'est la route de toutes mes peines, de toutes mes joies, elles peuvent enfin sortir librement et te rejoindre. 

Le ventre rond. La main sous la poitrine, l'autre dans le bas du ventre, je te tiens, comme un petit objet fragile, de peur que tu ne tombes. Et en même temps, c'est une manière de t'exposer, de te montrer. Tu es encore si petit, mais j'aime tellement que les gens te remarquent. 

Ventre énorme. Je ne te supporte plus beaucoup. Tu me déformes, me fais souffrir, la magie est rompue, le secret aussi. Tu exprimes mes joies, mes peines, par tes mouvements, tu me trahis. Je ne te tiens plus, je te laisse te porter tout seul, de toute façon, les gens te remarquent suffisamment, mes gestes n'ont plus besoin de leur dire. Je ne veux plus te vivre comme cela. Va-t-en. Viens. J'étais deux, maintenant, nous sommes trois. Ça suffit maintenant. Je ne veux plus. Plus comme ça. Quitte-moi. Rejoint-nous. Mes yeux te réclament. Pleurs ! Vie ! Existe…


APARTÉ

Apartés — Par eriam59 @ 19:11

Some days ago, I was lying on my bed, listening to the sound of the rain falling against the windowpane. My room was dark, the air soaked with incense, it gave me the creeps. However, this fear gave a new signification to the music which was playing: Whirlwind in D Minor by Ed Harcourt. I had discovered this singer just an hour before, a friend had sent me the CD for my birthday…

Suddenly, I heard a very strange noise behind my door. It didn't sound as if it was my cat, or even one of my brother trying to play a bloodcurdling joke on me… It sounded unearthy… The sound got louder, and it was soon accompanied with a divine, or supernatural, piano playing. I was too scared to move, but I felt panicky, what was happening there? Then, all became quiet, too quiet…

I wanted to know what was behind my door. I went out of my bed and it was at this moment that I noticed that the music, which was playing some minutes before, had stopped. It was really strange. I took my courage in both hands and opened my door. Nothing had changed. Nobody was there. I felt like crying with fear. I didn't know what was happening. I wanted to know. I couldn't bear this anxiety anymore. I came back to my room. I collapsed on my bed.

All this worrying made me feel very tired, as if empty of any energy. I fell asleep and when I woke up, I didn't know if what I had lived had really happened or not…


Creer un Blog Signaler un abus sur ce blog