Woolgathering

APARTÉ

Apartés — Par eriam59 @ 13:52

Délectation.

Elle est venue. Elle est là, maintenant, à moi, au creux de mes bras. Je peux enfin glisser mes mains sur sa peau encore adolescente. Au milieu de mes caresses, je jette un regard dérobé à la douce courbe de ses hanches. Mais bien vite, je me rends à elle, appelé par la chaleur de son souffle qui me murmure les quelques mots propriétaires de mon bonheur. Je me sens bien. Elle est la source de ce bien-être. Le sait-elle seulement ?

Mon corps frôle le sien, comme les vagues viennent éclabousser la falaise. Elle m'embrasse et je savoure avec bonheur ses baisers dont le goût n'a pas encore été altéré par celui de lèvres étrangères. Elle m'offre son corps et avec lui la fougue infantile d'un premier rapport.

Je n'ose la toucher plus que du bout des doigts. A leur contact, ses muscles se contractent, son corps vibre, frissonne, et je ressens le moindre de ces mouvements. Elle est contre moi, mes mains partent à la découverte de chaque parcelle de son être. Elle me caresse avec toute la douceur et la maladresse de la novice qu'elle est encore. J'aime ses gestes et sa manière de m'enserrer tendrement.

Je rouvre un peu les yeux, fermés car l'on n'observe pas. Mais je ne peux m'empêcher de contempler l'entrelacement de ses cheveux sur l'oreiller, auréole physique de mon ange et dans laquelle se promènent mes doigts.

Elle est jeune, douce, belle. Elle a l'assurance d'une femme en pressant ses mains au creux de mes reins. Pourtant, elle est encore si innocente... Et c'est là le coeur de son charme. Car jamais je n'oublierai comment elle me chuchotait, avec la ténacité d'un enfant: "Embrassez-moi encore!".


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