Woolgathering

Vingtième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 20:32

 

Mais, dites-moi, aurais-je par hasard encore le choix? Tout le monde semble si certain que c'est là qu'est ma place, à part, peut-être, cette parente complètement fêlée, pour qui ce doit encore être un coup du valet de cœur… Ris! Ris, Marie! Tu en as pourtant presque fait des cauchemars les veilles de repas de famille! Elle me poursuivait en criant d'une voix maléfique: "valedic litteris! Quitte ce corps, démon! Tu seras scientifique!"

Peut-être faudrait-il que je me rende à l'abominable docteur Freud… Ou à Bugs Bunny! Dans le genre psychologue, il n'est pas plus mal… Mais arrêtons là cette frénésie délirante, rangeons-nous auprès de la stricte réalité.

L'an prochain, j'arborerai avec une fierté très dissimulée le titre de khâgneuse et je me fondrai dans cette masse incolore qui est persuadée que Sappho est morte pour Phaon.

Quelques mois auront donc suffi pour que je ne doive plus suivre mes envies mais une solution pragmatique…

 


Dix-neuvième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 14:42

 

Cher,

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas écrit à ce faux correspondant qui ne lit jamais mes lettres. Mais que m'arrive-t-il? Je me croyais guérie… Pourtant, voilà que je recommence les mêmes bêtises qui m'ont fait perdre mon année de première et avec elle tout espoir de poursuite d'étude en art. Eh oui! Durant une année, l'esprit obnubilé par cet homme charmant que vous devez être, j'ai négligé entièrement mon travail. Si au lieu de vous écrire des lettres et des lettres, toutes plus stupides les unes que les autres, j'avais suivi les conseils de mes enseignants et passé plus de temps à dessiner, j'aurais progressé comme l'ont fait l'ensemble de mes condisciples. Comme je m'en veux! Et voilà que je recommence! Mais ici, tout est déjà perdu. Mon choix n'était pas si personnel que ça. Mais vous deviez vous en douter, non? C'est incroyable ce que des futilités peuvent nous pousser à faire! Cependant, qui sait si je n'avouerai pas tout cette fois? Ce serait drôle, n'est-ce pas? Un peu de courage, Marie!

J'ai hâte de vous voir seul à seul, c'est l'unique moyen pour moi d'envisager un aveu. C'est tellement ridicule. JE suis ridicule. Arriverais-je à m'échapper de cela un jour?

J'en ai assez de qui je suis. Je ne veux plus être ainsi. J'aimerais ne plus être du tout. Je m'ennuie.

Erotomane... 

 


dix-huitième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 13:21

 Les mois ont passé, l'écriture est devenue ma première occupation, mais pas l'écriture-loisir que j'avais plaisir à pratiquer, un autre type d'écriture, théorique, inutile.

 J'ai été suffisamment idiote pour croire que l'on pouvait aimer ce qu'on fait pour un autre que soi. Aujourd'hui, je me retrouve sans rien, je n'ai pas de passion pour ce que je fais et je n'ai plus personne pour qui le faire. 

Coincée dans un milieu qui m'est étranger, entourée de gens que je ne comprendrai jamais, je n'ai pour seule consolation que quelques "restes" à exploiter.

 Alors, je ne lâche pas, je m'accroche. Vous ne m'arracherez pas à cette vie qui était la mienne. Ma vieille compagne est revenue plus belle que jamais à mes côtés. Nous rattrapons cette année bêtement perdue dans l'inconscience de la jeunesse. Qui sait, peut-être un jour arriverai-je à atteindre mon dessein véritable?

Pourquoi ai-je fait cette erreur stupide de quitter cette voie dont je n'avais cesser de rêver pendant toutes ces années. La quitter si proche de son accomplissement. Quel gâchis!

La chance de faire ce qu'on aime vraiment, on ne l'a qu'une fois dans sa vie, cette opportunité, il faut la voir à temps, la saisir et s'y accrocher. Ce n'est pas facile, c'est vrai, elle virevolte, se débat, essaye de se hisser hors de vos mains, mais il faut la garder.

Pour ma part, j'ai SU attraper ma chance, mais, sans même qu'elle ne cherche à partir, je l'ai laissée s'envoler. Oh! que j'aimerais pouvoir la rattraper avant qu'elle ne s'éloigne trop. Il est peut-être encore temps, peut-être le destin me sera-t-il clément. Laissez-moi essayer!

 

 


dix-septième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 13:36

 

 

  

 

Où iras-tu ? Quand tes paupières si lourdes se fermeront, quand il sera pour toi l'heure de ne plus les rouvrir, où iras-tu ? Je ne crois pas à un quelconque paradis ou une quelconque réincarnation. Ni pour toi, ni pour moi. Mais si la mort n'est rien d'autre qu'un néant sombre, si tout devient noir et que rien de plus n'arrive, alors pourquoi tant d'êtres si ruent ? Tu es là depuis si longtemps… Mais le temps est passé si rapidement… Je te revois, tout petit, dans mes bras, j'ai des monceaux de photographies de cette époque ! Mais bon sang ! Où sont-elles ? Je ne remets plus la main dessus. J'ai l'impression de ressembler à un petit chien qui furette partout dans l'espoir de trouver dieu sait quelle nourriture. J'ai l'air ridicule. Je me sens tellement laide et idiote avec ces larmes plein les yeux. Pour toi tout est si simple. Et encore. Qu'en sais-je véritablement ? Tu ne peux rien me dire. Souffres-tu ? Que voudrais-tu que je fasse ? Je m'en veux terriblement de ne pas savoir poser le même regard qu'auparavant sur toi. C'est plus fort que moi. C'est égoïste. Je me sens si mal quand je t'observe. J'essaye de ne pas voir. J'essaye de faire abstraction. On ment aux malades. C'est ainsi. C'est moral, m'a-t-on dit. Je trouve cela absurde. Mais pour toi, cela paraît différent. Tu n'es pas comme nous. Tu ne comprends pas. Qu'en savent-ils vraiment ? N'es-tu pas en train de te dire : "ça y est, c'est la fin, je vais mourir." Parce que l'homme ne peut pas le sentir avant que cela ne lui arrive, alors aucun être n'en serait capable. Les hommes sont idiots. Ils sont surtout orgueilleux. "Nous sommes les meilleurs. Regardez-nous. Il n'y a pas mieux. Vous nous devez tout. Nous avons donc tous les droits sur vous." Mais bande d'acariâtres répugnants ! Je vous hais. Je hais la race humaine. On devrait nous exterminer. Nous ne valons rien. Même les meilleurs d'entre nous sont bourrés de défauts, de vices cachés. Mais que pouvons-nous faire, hein ? Rien. L'homme est condamné. Il est condamné à vivre avec la conscience de ses erreurs. Condamné à voir ses êtres chers mourir… Mon ami… Quoi qu'on en dise…

 


Seizième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 18:52

Qu'ai-je de moins que les autres ? Suis-je à ce point repoussante pour que les hommes me fuient tous ainsi ? Par quoi sont-ils tous effrayés ? Je ne suis pourtant pas un démon qui les viderait de leur sang, de leur sperme ou de leur virilité…

Ne suis-je aussi qu'un objet, qu'une pièce à conviction, preuve de leur charme ? Pourquoi croient-ils tous que je n'ai aucune autre utilité que celle de montrer qu'ils peuvent séduire n'importe quelle fille passant par là ? Ne suis-je rien de plus que n'importe quelle fille ?

Je voudrais vivre quelque chose de nouveau. Vivre quelque chose, déjà, en premier lieu… Je veux connaître ces sensations, ces sentiments, ces plaisirs, tant amoureux qu'égoïstes. Je veux les partager. Je ne supporte plus de ne les vivre que pour moi, par moi et avec moi. Ni mes mains, ni mes seins ne sont usés de caresses, mais oreillers et pages de journal semblent flétris par les corps à corps que nous menons.  Mon cœur ne veut plus monologuer vainement sur des pensées pathétiques et sans avenir. Mon corps ne veut plus être la source de ses propres plaisirs. Chacun veut recevoir ce qu'il a donné. Est-ce ma faute s'ils se sont livrés pendant des années sans qu'il n'y ait personne pour recevoir leurs dons ?

Tant de gens partagent ces pensées, ces désirs. Les miens ont longtemps été cachés au plus profond de mes actes. Pourquoi effraient-ils maintenant, alors que leur manque fut source de désintérêt ? Est-ce une erreur de vouloir être soi, de vouloir être aimée ?


Quinzième vérité - Tenth lie

Vérités, Lies — Par eriam59 @ 17:43

La Vérité – Mes pensées. 

S'il me posait la question, je lui répondrait : Oui, je suis à tes pieds. Comment cela aurait-il pu en être autrement ? Tu as l'intelligence, la beauté, la douceur, la gentillesse, et ton regard n'est pas passé au travers de moi comme au travers de la brume. Tu m'as vue, m'as prêté attention. Je n'ai personne d'autre à aimer, et l'amour que j'ai en moi, autant qu'il serve à quelque chose… Je sais que de ton côté, tu ne peux rien pour moi. Il y a une différence entre aimer bien et aimer tout court. Si je ne savais pas cela, j'aurais déjà tout fait pour t'appartenir. Mais qu'importe. Ne pas vivre d'un amour n'empêche pas de vivre…


The Lie – His reaction.  

It's not you Mary. Don't doubt that. I'm touched by your thoughts, but I'm honest and I don't want to take what I can't give. I can't give you so much love as you give me. However, it doesn't change anything. I'll still be glad to chat with you and I'll do it in the same way that I have always done.


Quatorzième Vérité

Vérités — Par eriam59 @ 18:24

Connaissez-vous les maux qu'apporte la cruauté ?

Il vous prend dans ses bras, vous serre de plus en plus fort pour rapprocher son visage du vôtre, au fil d'une musique que tant de fois auparavant vous avez écoutée. Vous finissez par n'avoir plus dans votre champ de vision que le vert de ses yeux. Vous sentez vos nez se frôler. Ses lèvres s'entrouvrent... Une parole. Et le charme est rompu.

"Je n'irai pas plus loin que ça. Je respecte ton frère, je ne veux pas perdre un ami."

Quelle souffrance. En vous débute un duel acharné entre deux sentiments si contradictoires. Mais leurs coups d'épée fondent sur votre cœur. Vous êtes si fière que votre frère soit à ce point aimé et respecté, mais c'est si dur d'entendre que vous ne serez jamais plus que la petite sœur aux yeux de celui qui vous a séduite, jamais vous-même, toujours sous son existence. La partager est une joie, en dépendre devient une peine.

Et le vert du fond des yeux renvoie votre triste reflet.

Vous savez tellement que c'est mieux. Vous savez tellement que vous avez encore le temps. Vous ne voulez tellement pas le penser…

Et tout s'éteint, mais rayonne encore l'émeraude profonde qui vous a aveuglée. Vous ne pouvez plus rien dire. D'ailleurs, vous n'avez jamais vraiment pu. Mais d'autres, bien avant, se sont chargé de livrer vos pensées.

"Les hommes sont faux, ambitieux, vaniteux, égoïstes, et le meilleur ne vaut pas le diable, c'est bien triste."

Oui, Mme George Sand, c'est bien triste…


Treizième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 18:27

 Une musique, douce, tendre. L'obscurité. Seuls, au milieu des regards, des lumières. Moi, dans tes bras. Ta joue, la mienne. Nos mains... Etreinte...

Des mots, tout bas. L'image est de joie. Heureux, amoureux? Ce qu'ils pensent, ils ne t'entendent pas.

Tu le respectes, tu ne veux perdre son amitié. Tu connais la rage et la douleur qu'il ressentirait. Tes pensées sont si honorables... Mais elles me font si mal... Tu m'aimes beaucoup, mais... Lui...

Aimer beaucoup, c'est aimer, vraiment?

Tu chuchotes des mots tendres, des mots roses, peut-être même, parfois, rien qu'un peu, obscènes. C'est ce qu'ils pensent... Oui mais voilà, ils ne t'entendent pas.

 Tu me fais boire tes paroles, ce poison qui atteint mon coeur, mais rien ne le montre. Les larmes, les blessures, les plaies, sont en moi.

Déchirure. Coincée entre amour et fierté fraternels et sentiments égoïstes, envies de bonheur. Quel plaisir dois-je faire passer en premier? Tu ne me laisses pas le choix, tu le fais pour moi...

Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi n'ai-je pas le droit de choisir moi-même? Pourquoi n'ai-je pas le droit de profiter de ces instants de bonheur que tu semblais vouloir m'offrir? Pourquoi me les reprend-on inachevés chaques fois? Et tout s'arrête...

 Enfin, ce baiser, pour ma première fois, pour notre dernière fois. Tes lèvres sur les miennes. En guise d'adieu. Ce que tu ne m'as pas donné, et qui m'aurait rendu heureuse.


douzième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 22:21

Tous les rêves ne sont pas bons à nourrir. Les vérités qui s'y rapportent en sont souvent le plus triste moment. Mais tout a une fin…

 


onzième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 12:22

Parfois, on voudrait écrire à quelqu'un, parce qu'on veut lui dire bonjour, parce que ça fait longtemps qu'on ne l'a pas fait, ou simplement pour lui dire : "eh ! Je suis rentrée !" mais on ne trouve pas ses mots, on ne sait pas quoi dire… On a envie que ce soit une lettre bien écrite, comme celle que l'on a écrite la dernière fois, mais en même temps, on veut garder sa spontanéité, on fait pleins d'essais, mais on passe plus de temps à regarder son clavier ou sa plume bêtement qu'à écrire la lettre en elle-même… Au bout du compte, de désespoir, on se dit : "tant pis, je le ferai demain !" Et le lendemain, on recommence son petit cinéma, avec le clavier, la plume et le regard idiot…

Au final, on trouve quand même une solution :

"Pourquoi c'est moi qui écrit ? Il n'a qu'à le faire…"

Oui mais voilà… l'autre n'a pas le temps…

"Il pourrait le prendre…"

Pourquoi pas… De toute façon, on connaît le nombre exact de grains de poussière qu'il y a autour de nous, et la page est toujours blanche…

Parfois, on a besoin de temps...


Dixième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 13:31

Le plus terrible, pendant les vacances, c'est de voir tous les couples. Des jeunes de mon âge, surtout, les plus cruels. Feindre de ne pas savoir qu'ils sont là, mais toujours les remarquer. Je ne les regarde pas. Mais sont-ils obligés de se promener main dans la main juste sous mon nez? Sont-ils vraiment obligés de se regarder tendrement, de s'embrasser, de se caresser devant mes yeux? Sont-ils franchement obligés de se perdre dans leurs propres regards? Leurs promesses s'envolent si haut qu'on les appelle "étoiles"... Je les hais!

Jalouse? Moi? Bien sûr que non! Enfin... Si... Je suis jalouse! Je les envie! Moi qui suis seule, toujours et depuis toujours... Et pourtant, je n'attends que ça d'avoir de l'amour plein le coeur, plein les yeux, plein la bouche! En être recouverte, comme de crème solaire, pour me protéger du monde extérieur qui me fait tant souffrir, parfois. C'est injuste...


neuvième vérité.

Vérités — Par eriam59 @ 11:50

Je suis née à Roubaix, le jour de fermeture de la boulangerie de mes grands parents, un mercredi, donc.

Quelques jours avant, ma mère était tellement épuisée que le médecin lui avait prescrit du Valium, vous savez, le médicament donné dans les hôpitaux psychiatriques pour "calmer l'anxiété des malades"... pour les faire dormir en gros... Ma mère n'en a pas pris. Sauf le 2 janvier au soir, où elle était plus mal que d'habitude... Mais, elle s'est réveillée pendant la nuit. Heureusement. Ou je serais née dans une voiture. Juste le temps d'aller à la maternité et j'étais là. J'ai toujours pensé que si je suis aussi folle aujourd'hui, c'était à cause du Valium, mais s'il avait vraiment eu de l'effet sur moi, ça aurait été l'effet inverse... Mes parents voulaient avoir une "Marie" depuis leur premier enfant, mon nom fut vite choisi...

A l'âge de 2 ans, je suis entrée à l'école. A Roubaix, bien entendu. L'école s'appelait "Ste Marie Auxiliatrice". C'était une très bonne école à Roubaix. C'était...

Il n'y avait pas de place pour moi en toute petite section, alors on m'a envoyé en petite section où je devais faire deux ans, pour rattraper mon année. Mais j'ai été jugée trop autonome pour rester dans cette classe une deuxième année. Je suis donc passée en moyenne section, où, là encore, je devais faire deux ans. Mais, encore une fois, on ne pouvait pas me garder une deuxième année, je me serais ennuyée... Je suis donc passée en grande section, toujours avec un an d'avance... Ce qui n'était pas prévu, c'est que je sache lire couramment au mois de décembre... J'aurais donc dû sauter mon CP... Mes parents ont refusé, ils ne voulaient pas que j'ai deux ans d'avance. A cette époque, ma mère venait juste de devenir enseignante.

Ainsi, je suis entrée au CP. L'institutrice était une remplaçante, pour l'année... une vraie garce... Bien qu'à l'époque, je ne l'appelais pas comme ça... Elle ne voulait pas que je fasse autre chose pendant les cours de lecture, et elle ne voulait pas non plus que je participe... Un peu comme l'institutrice dans La gloire de mon père :"quand on sait, on se tait!"

"Je ne resterai pas dans cette école!". Ma mère m'a donc inscrite dans l'école où elle enseignait: une autre école de Roubaix, "Ste Marie". Encore une "Marie", ça devait être ma destinée... Elle ne voulait pas que je sois son élève, alors elle m'a esquivée.

Dans cette école, j'étais la fille de "Mme Anne, la méchante", j'avais beaucoup d'amis...

La même année que je suis entrée en CM1, nous avons déménagé à Cysoing. Je n'ai pas changé d'école pour autant. Pas pour les deux années qu'il me restait à y faire.

C'est quand je suis entrée en 6ème que je suis allée au collège à Cysoing. Le collège Notre Dame, encore une référence à une "Marie"... Je ne raconterai pas mes 4 ans de collège en détails, je résumerai.

Je n'étais plus la fille de "Mme Anne, la méchante", je n'avais plus autant d'amis. Juste quelques uns, mais c'était suffisant. Quand certains m'ont laissé tomber car j'étais devenue quelque chose de moins manipulable, j'ai rencontré de vrais amis, qui sont toujours là, même si j'ai changé.

Durant ces 4 ans, j'ai étudié de nombreuses matières, plus ou moins ennuyeuses. L'une d'elle était l'art. je l'aimais beaucoup. Et encore plus quand nous avons eu un nouveau prof, plus jeune et qui nous a fait faire de la photographie, de l'architecture, des choses plus pratiques, en fait. C'est la voie que je voulais suivre. Il fallait donc que je décide mes parents. Je n'ai jamais réussi... Celle qui l'a fait, c'est une prof de l'ESAAT, rencontrée aux portes ouvertes. Après avoir discuté pendant une bonne heure et demi avec ma mère, elle a fini par la convaincre de me laisser choisir ce chemin.

A l'ESAAT, j'ai rencontré des personnes sympathiques. Au premier abord, du moins. Mais, même si j'étais de retour à Roubaix où j'avais été la fille de "Mme Anne, la méchante", au début, je n'avais pas beaucoup d'amis. Je n'avais pas d'amis, du tout. Juste de très bons rapports avec l'un de mes profs, très différent de l'instit que j'avais eu en CP... Mais ce n'était pas forcément une aide pour ce faire des amis dans la classe... Mais ça fait des bons souvenirs, matière à raconter à ses enfants, et surtout, un excellent soutien moral!

Les mois passaient, et j'étais toujours toute seule... J'ai commencé à déprimer, je ne mangeais plus à tous les repas, je ne souriais plus, sauf une ou deux heures par semaine, je ne parlais à personne...

Puis un jour, je ne sais pas pourquoi, quelqu'un est venu me parler, à insister pour aller manger avec moi, et nous sommes devenues amies. Elle m'a présentée aux autres de la classe, je les connaissais déjà, mais eux semblaient me rencontrer pour la première fois…

Puis l'année s'est terminée, et je savais que les choses changeraient 2 mois plus tard. La roue tourne…

 


huitième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 09:29

On ne peut pas vraiment savoir où l'on va si on ne sait pas d'où l'on vient... C'est peut-être de là que vient mon besoin de mettre un nom sur ces aïeux dont le sang coule toujours dans mes veines.

J'aime ces moments de complicité avec ma grand-mère, elle parle, me raconte son histoire, mon histoire aussi, celle de ces gens que je n'ai pas connus mais que j'ai l'impression de connaître malgré moi. Cette histoire là, elle n'est pas dans les manuels scolaires, pourtant, elle m'a enseigné bien plus sur la vie que n'importe quel chapitre de livre d'histoire-géographie... L'Histoire avec un grand H, quoi que l'on dise, c'est celle-là, celle propre à chacun, celle qui fait ce que nous sommes aujourd'hui. Est-ce parce que les congés payés sont nés en 1936 que je suis étudiante à l'ESAAT aujourd'hui?


septième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 09:26

C'est drôle comme parfois on ressent le besoin de parler aux gens sans rien n'avoir à dire vraiment... Juste parler, de tout, mais surtout, de rien.


Sixième Vérité

Vérités — Par eriam59 @ 23:41

J'aime écrire, c'est vrai, mais je ne sais pas toujours quoi écrire, et même quand j'ai une idée, je ne sais pas toujours la développer, en fait, pour que j'y arrive, il faut que je colle à la réalité, que je ne fasse que raconter, une histoire que j'ai vécue, ou que l'on m'a révélée, une histoire, simple, toute triste, toute plate, une histoire sans succès.

C'est un dur métier, surtout lorsque l'on a une petite vie rangée, sans surprise, une vie où personne n'arrive à l'improviste, où personne ne vous fait un beau cadeau imprévu, non, impossible, trop cher, pas les moyens… Mais tous les cadeaux ne sont pas d'argent et d'or...

Eh oui ! C'est cela ma vie, celle que je raconte sans raconter, celle que je n'aime pas vivre, et donc, que je ne souhaite pas revivre par écrit, les paroles s'envolent, les écrits restent…

Mais pourquoi se plaindre ? Oh, oui ! Tout pour être heureuse, la santé, la famille, quoi de plus ? Peut-être un peu de fantaisie, oui je suis différente, et alors ? N'en déplaise aux hommes et aux Hommes, mais si je suis ainsi, n'y a-t-il pas quelqu'un qui l'a voulu ?

J'aime rire, danser, chanter, j'aime être surprise, j'ai en horreur, la routine, le ronron quotidien, alors pourquoi m'y soumet-on ?

Pourquoi me réclame-t-on un horaire régulier, bien programmé, tout est prévu, tu veux aller voir un ami ? Quand, où, comment, téléphone-lui, savoir s'il est là, si tu ne le dérangeras pas au milieu de son travail ou d'un repas de famille !

Mais justement, si c'est un ami, je sais que je ne le dérangerai pas, il sera content de me voir ! Il travaillait ? Eh bien, nous travaillerons ensemble! Il mange avec ses cousins ou ses oncles et tantes éloignés ? Une occasion propice de se connaître davantage ! Ou alors, de le sauver de la vieille tante radoteuse, qui ne cesse de répéter les perpétuelles même conneries comme quoi la famille c'est sacré, l'amour n'est réservé qu'aux grandes personnes, que vous avez été petit comme ça, timide comme ci, et que "la moquette ivoire du salon porte encore une belle tache rouge, signature de votre passage à l'age de 5 ans trop près de la table basse où se trouvait le verre de vin de l'alcoolique tonton René dont, tiens, on a plus eu de nouvelles depuis des années !"

L'habitude, n'y a-t-il rien de plus mortel que l'habitude ? L'habitude, c'est ce qui fait vieillir, c'est l'art de vivre reclus sur soi-même, seul parce que je n'ai pas eu l'habitude de réclamer de la compagnie ! L'habitude, ça tue la gourmandise, la luxure, l'envie, ça ne laisse des terreurs religieuses que la paresse, l'orgueil, l'avarice et la colère ! Terrible. C'est ce qui rend les vieux séniles et ronchons.

Impardonnable !


cinquième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 19:11

C'est quand les gens s'en vont que l'on se rend compte à quel point on les aime...

Il y a tant de personnes qui ont quitté ma vie, et m'ont laissée là, toute seule, triste... Au départ, je pensais que ça ne me ferait rien, et puis je me suis rapidement rendu compte que ce n'était qu'un espoir que je m'imposais...

Jamais je ne pourrai garder mon âme entière face aux départs des gens que j'aime... C'est ma nature, c'est moi, et personne n'y peut rien... C'est ainsi...

Bien sûr, au moment des adieux, mes yeux restent silencieux et je laisse pleurer sur mon épaule ceux qui en ont besoin, avec comme inconscient espoir qu'ils me tendront la leur, même s'ils ne lisent pas dans mon regard ma détresse...

Mais c'est bien plus tard, quand tout le monde est ailleurs, que partent se promener mes larmes... Et là, personne ne les voit, et tout le monde s'imagine que mon coeur, "résistant à toutes les épreuves", a déjà oublié...

Et ces larmes parlent pour deux: où sont ceux que mon coeur réclame pour consolation? Que vais-je devenir maintenant?

Ainsi naissent les amours et les déceptions...


quatrième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 19:47

Que serait la petite soeur sans le grand frère?

Il y a eu des jours où mon esprit voulait à tout prix s'acharner sur toi, où l'on finissait chacun dans notre coin, en jurant de ne plus jamais se parler.

Mais les promesses sont faites pour être rompues, et notre coeur, jamais ne sut la tenir plus de quelques heures.

Au fond, on s'aime, d'un amour que personne ne pourra rompre, jamais. Et si l'esprit si fragile venait à tomber malade et à t'oublier, mon coeur, lui, reconnaitrait au moindre regard, au moindre sourire, celui qui durant des années n'a pas vraiment fermé l'oeil de la nuit, guettant le moindre bruit qui aurait pu être danger, le moindre cri qui réclamait du réconfort ; celui qui durant des années a tracer une route et m'y a guidée ; celui qui, pendant des années, encore, me protégera, m'épaulera, m'aimera.

L'amour d'un frère et d'une soeur est bien plus noble que n'importe quel autre. Celui là ne fâne pas, il ne fait que fleurir davantage de jours en jours, et n'a pas besoin de ces petites attentions ridicules qui alourdissent le coeur, l'âme et les cartons de déménagement. Tout ce qu'il demande, c'est un petit sourire, une fois de temps en temps...


troisième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 19:34

Parfois, on se figure que l'autre est LA personne qu'il vous faut, que c'est quelqu'un d'honnête, de franc, il est point pour point la personne que vous recherchez.

Puis, on ouvre les yeux, petit à petit, et on se rend compte que derrière l'image que l'on a de lui, se cache quelqu'un de bien différent.

 

Et c'est là que vous voyez enfin que vous vallez mieux, ou qu'en tout cas, lui ne veut pas de vous, et ne partage pas l'opinion que vous vous faites de l'autre...

 

 

Mes yeux sont enfin ouverts, et je n'ai plus rien à vous dire, vous m'avez déçue, voilà, c'est tout.


Deuxième vérité

Vérités — Par eriam59 @ 23:15

J'ai connu de trop nombreux echecs. Quand c'est un souhait qui s'effondre, je peux toujours me reconstruire, plus ou moins difficilement. Et si ma vie entière était une erreur? Que se passe-t-il lorsque l'on se rend compte de l'echec de son existence?

A présent, je me dis qu'il est de plus en plus probable que dans quelques années je sois loin de ce que je souhaite être maintenant, et certainement trop proche de ce que je redoute de devenir.


Première vérité

Vérités — Par eriam59 @ 23:13

Un ami. Qu'y a-t-il de plus beau et de plus précieux? Quelqu'un qui sait sans vous voir si vous allez bien. Quelqu'un qui croit quand vous ne croyez plus. Quelqu'un qui s'enthousiasme pour vos bonnes nouvelles. Quelqu'un qui vous prend dans ses bras sans raison particulière. Quelqu'un qui vous connait bien et qui vous aime plus que vous ne vous aimez.

Une amitié, c'est une énergie aussi forte que la foudre, mais plus durable que celle-ci. Une preuve d'amitié et le coeur redémarre. Le monde autour est lumineux. Tout étincelle.

Je suis heureuse de vous connaitre et de vous aimer et de vous convenir.


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