neuvième vérité.
Je suis née à Roubaix, le jour de fermeture de la boulangerie de mes grands parents, un mercredi, donc.
Quelques jours avant, ma mère était tellement épuisée que le médecin lui avait prescrit du Valium, vous savez, le médicament donné dans les hôpitaux psychiatriques pour "calmer l'anxiété des malades"... pour les faire dormir en gros... Ma mère n'en a pas pris. Sauf le 2 janvier au soir, où elle était plus mal que d'habitude... Mais, elle s'est réveillée pendant la nuit. Heureusement. Ou je serais née dans une voiture. Juste le temps d'aller à la maternité et j'étais là. J'ai toujours pensé que si je suis aussi folle aujourd'hui, c'était à cause du Valium, mais s'il avait vraiment eu de l'effet sur moi, ça aurait été l'effet inverse... Mes parents voulaient avoir une "Marie" depuis leur premier enfant, mon nom fut vite choisi...
A l'âge de 2 ans, je suis entrée à l'école. A Roubaix, bien entendu. L'école s'appelait "Ste Marie Auxiliatrice". C'était une très bonne école à Roubaix. C'était...
Il n'y avait pas de place pour moi en toute petite section, alors on m'a envoyé en petite section où je devais faire deux ans, pour rattraper mon année. Mais j'ai été jugée trop autonome pour rester dans cette classe une deuxième année. Je suis donc passée en moyenne section, où, là encore, je devais faire deux ans. Mais, encore une fois, on ne pouvait pas me garder une deuxième année, je me serais ennuyée... Je suis donc passée en grande section, toujours avec un an d'avance... Ce qui n'était pas prévu, c'est que je sache lire couramment au mois de décembre... J'aurais donc dû sauter mon CP... Mes parents ont refusé, ils ne voulaient pas que j'ai deux ans d'avance. A cette époque, ma mère venait juste de devenir enseignante.
Ainsi, je suis entrée au CP. L'institutrice était une remplaçante, pour l'année... une vraie garce... Bien qu'à l'époque, je ne l'appelais pas comme ça... Elle ne voulait pas que je fasse autre chose pendant les cours de lecture, et elle ne voulait pas non plus que je participe... Un peu comme l'institutrice dans La gloire de mon père :"quand on sait, on se tait!"
"Je ne resterai pas dans cette école!". Ma mère m'a donc inscrite dans l'école où elle enseignait: une autre école de Roubaix, "Ste Marie". Encore une "Marie", ça devait être ma destinée... Elle ne voulait pas que je sois son élève, alors elle m'a esquivée.
Dans cette école, j'étais la fille de "Mme Anne, la méchante", j'avais beaucoup d'amis...
La même année que je suis entrée en CM1, nous avons déménagé à Cysoing. Je n'ai pas changé d'école pour autant. Pas pour les deux années qu'il me restait à y faire.
C'est quand je suis entrée en 6ème que je suis allée au collège à Cysoing. Le collège Notre Dame, encore une référence à une "Marie"... Je ne raconterai pas mes 4 ans de collège en détails, je résumerai.
Je n'étais plus la fille de "Mme Anne, la méchante", je n'avais plus autant d'amis. Juste quelques uns, mais c'était suffisant. Quand certains m'ont laissé tomber car j'étais devenue quelque chose de moins manipulable, j'ai rencontré de vrais amis, qui sont toujours là, même si j'ai changé.
Durant ces 4 ans, j'ai étudié de nombreuses matières, plus ou moins ennuyeuses. L'une d'elle était l'art. je l'aimais beaucoup. Et encore plus quand nous avons eu un nouveau prof, plus jeune et qui nous a fait faire de la photographie, de l'architecture, des choses plus pratiques, en fait. C'est la voie que je voulais suivre. Il fallait donc que je décide mes parents. Je n'ai jamais réussi... Celle qui l'a fait, c'est une prof de l'ESAAT, rencontrée aux portes ouvertes. Après avoir discuté pendant une bonne heure et demi avec ma mère, elle a fini par la convaincre de me laisser choisir ce chemin.
A l'ESAAT, j'ai rencontré des personnes sympathiques. Au premier abord, du moins. Mais, même si j'étais de retour à Roubaix où j'avais été la fille de "Mme Anne, la méchante", au début, je n'avais pas beaucoup d'amis. Je n'avais pas d'amis, du tout. Juste de très bons rapports avec l'un de mes profs, très différent de l'instit que j'avais eu en CP... Mais ce n'était pas forcément une aide pour ce faire des amis dans la classe... Mais ça fait des bons souvenirs, matière à raconter à ses enfants, et surtout, un excellent soutien moral!
Les mois passaient, et j'étais toujours toute seule... J'ai commencé à déprimer, je ne mangeais plus à tous les repas, je ne souriais plus, sauf une ou deux heures par semaine, je ne parlais à personne...
Puis un jour, je ne sais pas pourquoi, quelqu'un est venu me parler, à insister pour aller manger avec moi, et nous sommes devenues amies. Elle m'a présentée aux autres de la classe, je les connaissais déjà, mais eux semblaient me rencontrer pour la première fois…
Puis l'année s'est terminée, et je savais que les choses changeraient 2 mois plus tard. La roue tourne…
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